L’un des grands textes de jeunesse de Victor Hugo.
Une comédie mélodramatique avec dans le rôle titre Denis Lavant.
Cette création s’effectuera en Juillet 2010 pour le Festival de Grignan, dans la Drôme.
Puis repris dès le 10 Novembre au 15 Décembre 2010 au Théâtre de l’Aquarium, puis en tournée en France et à l’étranger.
Mise en scène : François Rancillac
assistant à la mise en scène : Yann de Graval
Scénographie : Raymond Sarti
Costumes : Sabine Siegwalt
Lumières : Luc Jenny
Maquillage : Catherine De Saint Sauveur
assistant de production : Agnès Caudan
Régie générale : Thierry Lacroix
avec Denis Lavant dans le rôle de Triboulet...
...et Linda Chaïb, Alain Carbonnel, Agnès Caudan, Sébastien Coulombel, Vincent Dedienne
Yann de Graval, Charlotte Ligneau, Florent Nicoud, Robert Parize, Baptiste Relat, Pierre Benoist Varoclier
Construction du décor : La Manufacture (Saint-Symphorien) et les ateliers de La Comédie de Saint-Étienne.
Coproduction : Les Châteaux de la Drôme - La Théâtre de l’Aquarium - La Comédie de Saint-Étienne / CDN
avec le soutien du Jeune Théâtre National, de la Région Rhône-Alpes pour l’insertion des jeunes artistes du spectacle vivant,
du cinéma et de l’audiovisuel formés en Rhône-Alpes (comédiens issus de l’École de La Comédie de Saint-Étienne et de l’Ensatt)
À l’invitation des Fêtes nocturnes du Château de Grignan, François Rancillac y mettra en scène en juillet/août 2010 :
Ce mélodrame "hénaurme" et génial, mêlant sans vergogne le rire aux larmes, prônant un alexandrin haletant, trivial et soudain flamboyant, Le Roi s’amuse est un formidable coup de gueule d’un poète de trente ans contre la restauration bourgeoise d’alors, qui s’empresse d’étouffer dans l’œuf les idéaux de la Révolution de Juillet.
Le public de 1832 ne s’y est pas trompé qui cria au scandale, ni le gouvernement qui interdit la pièce au lendemain même de sa création. Il est vrai qu’avec un roi de France qui pratique en sifflotant l’adultère, le rapt et le viol, un bouffon amer qui en appelle à la justice universelle pour finir en régicide et infanticide, une pucelle amoureuse de son violeur, une duègne aussi pieuse que vénale, un père outragé mais ridicule, etc, la morale bourgeoise se retrouve cul par-dessus tête !
Car Hugo décrit d’abord une société sans repères, c’est-à-dire sans pères, et Le Roi s’amuse est surtout un drame de la paternité, où un Mr de Saint-Vallier sauve sa tête en troquant l’honneur de sa fille, où un Triboulet protège la sienne entre les quatre murs de son amour, pour finalement l’assassiner ! Oui, Triboulet le bouffon, Triboulet le bossu est bien un monstre, au sens où il montre au grand jour le refoulé d’une société. Sa laideur, son cynisme, sa folie, bref : sa terrible humanité, sont d’abord ceux de son époque déboussolée où, en l’absence de paternité assumée, de jeunes orphelins sont condamnés à errer au gré de leur désarroi et de leurs pulsions. XVIème, XIXème, XXIème siècle : même combat ?
Extrait des notes scénographiques de Raymond Sarti à propos du Roi s’amuse/ Rancillac
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L’idée de la vulgarité, de l’outrance
L’idée de la confusion des valeurs, de l’absence de limites
La vulgarité et pas de distinctions...
L’idée du bling bling, des rolex à cinquante ans
L’idée du chrome, du brillant, de la pacotille
Jeff Koons à Versailles
L’idée d’une absence d’élégance
L’idée de la fascination des marques
L’idée des illusions, du négatif et du positif
L’idée de la perte, de la confusion, du vide
L’idée des facettes
L’idée des boules à facettes d’un dance-floor, comme autant de mappemondes vides
L’idée de la lumière et de l’ombre, de l’obscur
L’idée d’une fin de fête, de la jeunesse dorée
L’idée d’une colère
Souligner, mais pas choquer
Luxe et luxure, lustres, cadres
cadres décadrés...
Décaler les images
L’idée du vide...
L’idée d’un état des choses, l’idée du trop...
L’idée des paillettes, de la transgression
L’idée de la chair marchande
Les vitrines des putes d’Amsterdam, de Bruxelles...
L’intime public
L’idée d’un abandon
L’idée du reflet, du miroir
L’idée de l’acide, de l’âpre...
L’idée d’un Damas sur dimensionné au sol
Comme un monogramme...
L’idée d’un espace Politique (avec un grand "P"), et non d’un espace Poétique
L’idée d’un cauchemar
L’idée des reflets de société.
vides, et trop pleins...
L’idée que les spectateurs seraient mêlés à l’image, comme inclus...
Pris au piège du miroir !
Et puis re penser à Platon, "les images ne sont que les fantômes des choses...".