Un très beau texte de l’auteure Catherine Anne.
C’est une première collaboration avec cette metteure en scène, autour d’un de ses derniers textes, sur le thème de la tolérance, de la religion, de la foi...
Je connais son travail depuis des années, et c’est un bonheur de la retrouver autour de ce projet.
La première aura lieu le 15 Janvier 2010 au Théâtre de l’Est Parisien, et en tournée en France en 2010/ 2011.
Le texte est à paraître en Janvier chez Actes Sud Papiers.
Le Ciel est pour Tous
Catherine Anne
L’affaire Calas a enflammé le Siècle des Lumières, celle du foulard islamique défraye la chronique depuis 1989. Catherine Anne agite ces symboles du fanatisme et de l’intolérance religieuse, et crée Le Ciel est pour Tous : une famille en prise avec la question de la foi, ballottée à la mort du grand-père entre respect de la laïcité et respect de la religion. Que peut-on tolérer ? Qu’est-ce qui est intolérable ? L’équilibre est sans cesse à définir.
Mise en scène/ costumes Catherine Anne
Scénographie/ costumes Raymond Sarti
Assistante à la scénographie et costumes Emily Cauwet
Lumière Stéphanie Daniel
Assistante à la mise en scène Anne Contensou
Avec Jean-Baptiste Anoumon, Denis Ardant,
Thierry Belnet, Azize Kabouche, Fabienne Lucchetti,
Stéphanie Rongeot, Marianne Teton
De nos jours, les relations entre le religieux et le politique me semblent souvent inquiétantes. Et dans le même temps, la foi me paraît être une question intime et chargée de mystère. Il y a du beau là-dedans. La naissance de l’art. Et la possibilité de la terreur. Pour interroger le monde dans lequel je vis, toujours j’imagine des histoires. Le Ciel est pour Tous est une pièce d’amours, de peurs, de combats et de blagues. Une pièce comme un polar, où chacun joue à cache-cache avec la vie, la mort et la peur de la mort. L’action se passe au coeur d’une famille. Une famille qui se croyait résolument laïque et que la question religieuse va rattraper, par la mère, puis par le fils, puis… Dans cette famille, il y a le père, d’origine musulmane, la mère d’origine catholique, le fils et la fille d’origine laïque et la tante farouchement athée. Ils vivent dans une société démocratique et laïque, que la question religieuse est peut-être en train de rattraper…
Catherine Anne
’Voltaire et l’Affaire Calas
13 octobre 1761, Jean Calas trouve l’un de ses enfants mort étranglé dans la maison familiale. Confondu par l’enquêteur, il revient sur son témoignage et avoue qu’il a en réalité dépendu son fils pour cacher un suicide qui l’aurait empêché d’être enterré religieusement. Mais les Calas sont protestants et une rumeur grandit : le fils aurait eu le désir de se convertir au catholicisme et son père l’aurait assassiné. Jean Calas est alors condamné par le Parlement et exécuté le 10 mars 1762. Considérant que le jugement comporte des incohérences, Voltaire se charge d’une enquête posthume. Il publie en 1763 le Traité sur la tolérance, fait réviser le procès et réhabiliter la mémoire de Calas en 1765.
Notes scénographiques
Cette nouvelle pièce de Catherine Anne est comme un long cheminement, une sorte de succession de seuils, de portes à franchir, comme une métaphore de la vie, d’allers-retours du mouvement de l’esprit et du corps. De prises de positions, d’entre-deux.
Une sorte de pièce –paysage.
Il faudrait concevoir pour cette pièce un lieu métaphorique qui induise cela ; le mouvement perpétuel des corps et des esprits.
Un lieu qui serait à la limite du théâtre et de la danse.
Un espace chorégraphique pour tous Théâtres.
Ce serait une sorte de ciel qui se déchire, un ciel constitué de strates, une accumulation de ciels, qui laisserait apparaître ou entrapercevoir des ruptures, des revirements, des continuités, dans les corps et l’esprit des protagonistes.
Il faudrait ce support là, cette résonance là.
En contrepoint de temps à autre, un élément de mobilier, un accessoire, çà et là, viendrait soutenir le lieu, apparaîtrait soudainement, comme un juste retour à la réalité du quotidien.
Peu à peu, le lieu se dépècerait de ces ciels, ouvrant d’autres espaces, d’autres perspectives, d’autres visions, comme une relation matérialisée entre le temps et l’espace.
Trois époques jalonnent cette pièce, trois saisons, autant de climats…et d’histoires de temps.
Enfin ce lieu devrait apparaître comme une expression de la légèreté, du souffle, de la tempête, de ces temps qui changent ou ne changent pas…
Raymond Sarti